Hironori Otsuka,
Meijin, Soke, Judan, Hanshi Merci à la
"Shintani Wado-Kai Karate Federation" et à |
À l'âge de 29 ans, il a complété son enseignement et a été gradué au plus haut degré de l'école Shindo Yoshinryu Jujitsu et reçu le titre de Menkyo-Kaiden succédant ainsi à la position de son maître. C'est en 1922 qu'il entend parler par son ami Ito d'un art martial: le Ryukyu-karaté-jutsu. Ito était 5e dan de judo, élève de J. Kano. Il lui raconte que J. Kano a invité dans son dojo, pour une démonstration, un homme venu d'Okinawa nommé Funakoshi. Otsuka, confiant dans le jugement de J. Kano, décide de rendre visite à Funakoshi. C'est au bout de dix-sept ans de pratique intensive du jujitsu qu'il aborde le karaté en pensant y trouver des éléments complémentaires pour sa progression en jujutsu. En juillet 1922, Otsuka Sensei débuta l'apprentissage du karaté Shotokan sous la direction de aux japonnais provenant du karaté Gichin Funakoshi Sensei, qui introduit le karaté d'Okinawa. Celui-ci lui explique avec chaleur ce qu'est le karaté. Il lui dit qu'il connaît quinze kata et qu'il est possible, pour quelqu'un qui n'a aucune expérience du budo, d'apprendre ces kata en cinq ans, mais que pour un expert d'une discipline du budo deux ans suffisent. Il lui explique ensuite que la progression à un niveau plus élevé dépend de la qualité de l'entraînement de chacun. HironoriOtsuka, devenu élève de Gichin Funakoshi apprend les quinze kata en un an et demi, et, de son point de vue d'expert en jujitsu, juge qu'il existe dans chacun de ces kata des éléments inapplicables en combat. Plus tard, Funakoshi Sensei décida de rester aux Japon et d'enseigner le karaté au Gymnase de Meishojuku de Tokyo. En 1927, Hironori Otsuka quitta la banque de Shimodate pour s'en aller comme spécialiste médicale en traitements pour les blessures occasionner par les arts martiaux pour s'impliquer d'avantage dans le karaté. Au bout de deux ans, Hironori Otsuka reçoit son diplome de médecine traditionnelle et un an plus tard quitte la banque pour exercer la médecine, afin de pratiquer intensément le budo. En 1929, il
ouvrit sa première école de karaté à l'Université de
Tokyo, durant les cinq années suivantes, il demeura sous
la direction de Funakoshi Sensei, et il devint son
meilleur élève. Durant ce temps (durant les cinq ans),
il débuta son apprentissage du karaté Okinawan Tode
(Okinawate) ou il travailla avec des stylistes du karaté
de l'époque, entre autre avec Kenwa Mabuni
(Shito-Ryu) et Choki Motobu
(Naha-Te), où il mit l'emphase sur le combat et le kata
Naihanchi. C'est vers la fin des années 1930 qu'Otsuka Sensei décida d'entreprendre un voyage qui lui permettrait de travailler avec les personnes qui ont enseigner le karaté à Funakoshi sensei, il trouva que celui-ci avait trop simplifié et trop modifié les techniques de karaté et les katas dans l'intérêt d'enseigner un plus grand groupe de débutant.
Il meurt en 1982 à l'âge de 90 ans. |
Histoire personnele
d'Hironori Otsuka
| 06-01-1892 | Né à Shimodate, Conté d'Ibaragi. |
| 04-01-1897 | (À six ans) S'inscrit dans l'école de Shinzaburo Nakayama, Maître du Shinto Yoshin Ryu. |
| 06-01-1920 | (29 ans) Atteint le plus haut degré de l'école et succéda à son maître. Otsuka fut le quatrième maîtres du Shinto Yoshin Ryu. |
| 07-1922 | Débuta l'apprentissage d'Okinawan Tode ou d'Okinawa-TE (Karate). |
| 05-1934 | (43 ans) Fonda le Wado-Ryu Karate-Jutsu et le Wado-Ryu Jujutsu Kenpo. |
| 11-20-1981 | Abdiqua la position de Grand Maître et nomma Jiro Otsuka, son fils aîné, comme le second Grand Maître - Hironori Otsuka II. |
| 01-29-1982 | Décéda à l'âge de 90 ans. Par la suite le Wado s'est éparer en plusieurs grandes fédérations avec des dirigeants et des concept différents. |
Titres et décorations
reçu par le Maître Otsuka
-En 1966, l'empreur Hirohito donna à Otsuka Sensei le rang
de Kun-Go-To (le 5e ordre du mérite du trésor sacré) et le
décora avec la médaille de Soko-Kyokujitsu-Sho, dans ses
efforts pour le dévelopement et la promotion du karate-do.
-Il a reçu également la médaille de Shiju Hoosho pour les
services rendu aux sports du gouvernement Japonnais. Le seul
homme dans l'histoire du karate-do à avoir été si souvent
honoré.
-En 1972, il reçu la médaille Shodai karate-do Mejin Judan
(Première génération de maître karate-do de 10e degrée). La
"All Japan Karate-do Federation" et la
"International Martial Arts Federation, Kokusai Budo
In", dirigé par Higashikuni, certifia Otsuka Sensei comme
le premier 10e Dan dans le Karate-do, le même status qu'à reçu
Kyuzo Mifune dans le Judo et Hakuko Nakayama dans le Kendo.
Qu'est-ce que le jujitsu ?
Le jujitsu est l'art martial
japonais d'où sont issus le judo et l'aïkido contemporains. Le
judo a été créé à la fin du XIXe siècle par J. Kano, qui
voulait instituer à partir du budo traditionnel une forme
d'éducation physique et mentale adaptée à la société
moderne. Pour souligner cette visée globale, il a substitué au
suffixe jutsu (technique), le suffixe do (voie). L'aïkido
a été créé au cours des années 1930 par M. Ueshiba.
Aujourd'hui plusieurs écoles de jujitsu existent au Japon ;
elles restent fidèles à la tradition sans chercher à
s'étendre. On peut faire remonter l'origine du jujitsu au VIIIe
siècle. Durant les guerres féodales, cet art a été
pratiqué et élaboré par les guerriers comme technique de
combat au corps à corps sur les champs de bataille.
Lorsque la paix féodale s'installe au XVII siècle, la technique
du jujitsu est modifiée et développée en conformité avec le
mode de vie de guerriers qui désormais se fonctionnarisent et
passent le plus clair de leur temps dans les palais. Sur les
champs de bataille il s'agissait d'être capable de se défendre
et de tuer son adversaire, même lorsqu'on ne disposait pas
d'arme. Plus tard, lorsque les guerriers deviennent des
fonctionnaires au service de leur seigneur et que l'essentiel de
leur vie se déroule dans son château, un nouvel objectif
s'ajoute à ceux du jujitsu. Il faut pouvoir empêcher un
révolté ou un intrus éventuel de dégainer son sabre et le
dominer sans utiliser d'arme. Dans ce contexte, se
développent des techniques particulières qui se greffent sur la
gestuelle de convenance requise par l'étiquette, par exemple la
marche sur les genoux. Des techniques nouvelles sont
élaborées en rapport avec la vie de tous les jours et non plus
seulement avec la situation de guerre. On dit généralement que
le jujitsu est purement japonais; cependant sa filiation chinoise
est certaine même si elle est peu connue. Si l'art du combat
chinois a fleuri sous la forme du karaté à l'île d'Okinawa, il
avait déjà auparavant servi de semence au jujitsu japonais. Le
contact culturel du Japon avec la Chine remonte loin dans
l'histoire. Mais les premiers documents fiables datent du ve
siècle. A partir de VIe siècle, le contact culturel avec le
continent devient plus massif. Du VIe au IXe siècles, de
nombreux savants et artisans viennent de Chine et de Corée au
Japon. Les temples construits à cette époque au Japon et les
objets qu'ils contiennent attestent d'influences venues de l'Asie
centrale, de l'Inde, du Moyen Orient, de la Grèce, de Rome, etc.
Des courants Bouddhiques très divers parviennent au Japon à
cette époque. Dans l'Etat Antique japonais de la première
période, le Bouddhisme a eu un role concret dans l'organisation
et le gouvernement du pays à la fois par sa spiritualité et par
les connaissances pratiques qu'il véhiculait. Les racines de
jujitsu remontent aux contacts culturels réguliers entre la
Chine et le Japon qui ont eu lieu du VI au IXe Siècles. Prenons
l'exemple de l'école de jujitsu que pratiquait Hironori Otsuka.
Selon R. Fujiwara (32), l'école Yoshin-ryu provient du yang-zhou-quan,
un art de combat chinois. Yoshin-ryu s'écrit en trois
idéogrammes: le même idéogramme se prononce Yo en japonais et
Yang en chinois, shin signifie esprit ou coeur et ryu
école. Yoshin-ryu veut donc dire l'école de l'esprit de
YanGichin C'est un moine bouddhiste chinois nommé Ganshin,
originaire de Yang-zhou en Chine qui aurait transmis l'art du
combat de cette région, le yang-zhou-quan. Ganshin était
venu au Japon au VIIIe siècle pour harmoniser la pratique du
Bouddhisme qui s'était implantée de façon anarchique. L'art du
combat aurait été transmis directement par lui ou par
l'intermédiaire de ses disciples. Les moines pratiquaient
souvent, à cette époque, un art de combat et ils étaient
accompagnés de savants et d'artisans. L'exemple de Ganshin n'est
pas unique, et nous en retrouvons à plusieurs reprises des
équivalents dans l'histoire de la culture japonaise. Si
l'origine du jujitsu a été évoquée, c'est pour montrer
comment, chez Hironori Otsuka, se retrouvent deux arts
différents qui cependant avaient été élaborés à partir
d'une origine commune. En effet, le jujitsu qu'il a appris est le
versant japonais de l'art de combat chinois et le karaté auquel
il va s'initier en est probablement un autre versant, celui
d'Okinawa. C'est là un exemple intéressant de la reconversion
d'une oeuvre culturelle et des formes différentes qu'elle peut
prendre dans le temps et l'espace. L'art du combat chinois s'est
développé au Japon en donnant naissance au jujitsu qui a
engendré par la suite le judo et l'aïkido et il a pris la forme
du karaté dans l'île d'Okinawa. Hironori Otsuka au XXe siècle
tente d'intégrer dans une pratique unique ces deux jumeaux, sans
avoir conscience de leur origine commune.
Quelques particularités du Wado-Ryu.
La façon de pratiquer les kata de l'école Wado-Ryu
se situe à mi-chemin entre celle du Shotokan et celle de
Shito-ryu. Mais si on la compare aux courants du Shotokan dont le
style a évolué en accentuant l'ampleur des gestes et la
puissance, le Wado-Ryu paraît plus proche du Shito-ryu. Cela se
comprend tout à fait si l'on considère la manière dont cette
école s'est formée.
Les adeptes du Wado-Ryu qui sont nés avant 1920 ont souvent commencé le karaté avec Gichin Funakoshi et, pour eux, la différence avec l'école Shotokan est très faible. Mais elle apparaît comme une opposition pour des pratiquants qui n'ont connu que le karaté de Hironori Otsuka. Les jeunes karatékas, habitués à l'opposition organique des écoles de karaté moderne, ont une impression curieuse lorsque les maîtres âgés qui sont garants de leurs école parlent de Gichin Funakoshi, fondateur de Shotokan, comme de leur propre maître. Cela s'explique parce que l'existence des écoles de karaté qui est pour certains karatékas une évidence est en fait une chose récente.
HironoriOtsuka a fixé les neuf kata de son école.
Ce sont les cinq kata Pinan, plus Naifanchi, Kushanku, Seishan et
Chinto. Neuf kata pour une école, cela semble bien peu par
rapport au Shito-ryu qui en compte près d'une cinquantaine. Mais
pour Hironori Otsuka le nombre de kata n'avait aucune valeur. Il
jugeait que les éléments techniques de kata tels que Bassaï,
Jion, Jitte, Rohai, Wanshu, Nijushiho, Gojushiho, étaient tous
contenus dans ces neuf kata et qu' en conséquence, ceux-ci
suffisaient largement. Aussi, lorsqu'un de ses élèves a
exécuté le kata Chintei à l'occasion d'une démonstration,
Otsuka l'a critiqué ainsi: « Chintei n'a pas la valeur d'un
kata. C'est un kata que quelqu'un a composé avec sa tête, il
n'a pas l'âme de la technique du budo. »
Pour celui qui cherche la profondeur dans la pratique des kata, l'attitude de Otsuka est fondamentalement juste. En effet, jusqu'à la fin du XIXe siècle peu d'adeptes de karaté connaissaient plus de deux ou trois kata, et c'est en les approfondissant qu'un adepte pouvait attendre un haut niveau. De même, le support de l'art du sabre des guerriers japonais était une immense répétition de très peu de kata qui permettait d'acquérir l'essentiel de la technique du combat. C'est pourquoi l'important pour une école de budo est d'avoir un petit nombre de kata qui méritent chacun de très nombreuses répétitions. Si l'on adopte cette attitude le nombre de kata n'atteste nullement la qualité d'une école, et lorsque leur nombre augmente, une ambiguïté risque de s'installer pour chacun des kata.
Mais limiter le nombre de kata à neuf soulève plusieurs problèmes sur le plan de l'enseignement, de la pratique et de la recherche. Car on constate que, généralement, les adeptes du Wado-Ryu s'entraînent souvent moins aux kata que ceux d'autres écoles et que, par contre, ils consacrent plus de temps à des exercices directement utilisables en combat. Dans la plupart des universités japonaises, les entraînements de cette école sont attachés à des techniques préparant à la compétition. Compte tenu du nombre d'années de pratique, le résultat est souvent positif en compétition sportive. Toutefois cette forme d'entraînement est aussi critiquée pour son manque d'efficacité en combat réel.
Si, dans la pratique des kata, un adepte veut rechercher la signification attachée à chaque geste, il lui est nécessaire d'avoir un répertoire de connaissances suffisamment large pour effectuer des comparaisons. La connaissance de neuf kata ne le permet pas et, si un adepte de Wado-Ryu veut faire une recherche sur le mode de transmission des significations attachées aux kata de karaté, il ne connaîtra pas assez de kata dans le cadre de son école. Les neuf kata sont suffisants pour ceux qui ne doutent pas de la qualité des kata qui ont été choisis par Hironori Otsuka. Mais si, comme l'avait fait Hironori Otsuka pour les kata que lui avait enseigné Gichin Funakoshi, un adepte met en doute la valeur et la qualité des kata sélectionnés, il sera rapidement obligé de déborder de cadre de son école. Aujourd'hui, sept kata ont été ajoutés par les successeurs de Hironori Otsuka et l'école Wado-Ryu enseigne seize kata.
L'Ecole Wado-Ryu s'est, comme le Shotokan,
développée principalement dans la région de Tokyo. Elle compte
aujourd'hui également de nombreux adeptes en dehors du Japon.
C'est une des quatre principales écoles du karaté moderne.