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Masaru Shintani, Kudan Hanshi
3 février 1927 - 7 mai 2000

En charge du Wado Kai - En Amérique du Nord
Et président de la World Union Martial Arts Federation

   

Shintani Sensei est né le 3 février, 1927 à Vancouver, Colombie-Britannique, Canada de parents japonais qui ont immigrés dans ce pays. La mère de Shintani Sensei, Tsuruye Shintani, était la fille d'une famille de Samurai le clan Matsumoto. Dès son très jeune âge il s'entraîna dans divers arts martiaux japonais, 3e dan (sandan) en Judo, 1ere dan (shodan) en Aïkido et 1ere dan (shodan) en Kendo. Durant la 2e Guerre Mondiale la famille de Shintani Sensei et lui-même se sont fait interner sur la côte ouest dans un camp de concentration Japonais-Canadien. C'est là qu'il a rencontré celui qui de très bonne heure aura une très grande influence sur son karaté Akira Kitegawa Sensei, qui l'a entraîner dans un karaté de style Shorin-Ryu (Shuri-te) sous Sokun Matsumura et Anko Itosu. Kitegawa Sensei était un professeur qui enseigna le karaté très brutal. Après plusieurs années d'entraînements sous Kitegawa Sensei, Shintani Sensei a été récompensé au grade de Rokudan (6e dan) sous le style de karaté Shorin-Ryu.Shintani Sensei and Manara Sensei

Shintani Sensei a intensivement compétitionné au Japon dans les années 1950, et c'est là qu'il a rencontré pour la première fois Hironori Otsuka Sensei. À la mort de Kitegawa Sensei, Shintani Sensei commença à s'entraîner avec Otsuka Sensei, et cela si bien qu'il devint un de ses meilleurs élèves. En 1968, Otsuka Sensei "...désigna Masaru Shintani Sensei en tête de tout le Wado Karate-do en Amérique du Nord et lui donna le titre d'instructeur Suprême. En 1979, Otsuka Sensei lui donna le grade de 8e dan (hachidan) dans le style de karaté Wado et lui présenta également un certificat de 9e degré (Kudan) pour une utilisation future. Otsuka Sensei lui donna une de ses ceintures qu’il portait fièrement.
Plusieurs autres organisations fonctionnaient sous Shintani Sensei, dont le "Wado-Kai Associated of Canada" et plusieurs autres, font en sortes que son enseignement est réparti en majorité à travers le Canada et les États-Unis. Toutes ces organisations faisaient en sorte que son nom était le plus connu et majestueux en Amérique du Nord.
En novembre 1995, la " World Union Martial Art Federation " lui décerna la présidence de celle-ci, qui englobe plus d’une trentaine d'organisation de styles différents.

Shintani Sensei décéda le 7 mai 2000, d'une crise cardiaque lors d'une clinique de perfectionnement qu'il donnait à Kapuskassing en Ontario, Canada.

   La Shintani Wado Kai Karate Federation (SWKKF) est maintenant centralisée à Welland, Ontario sous Denis Labbé hachidan et est présentement la plus grosse organisation d'arts martiaux sous un seul style en Amérique du Nord.


Entrevue avec Masaru Shintani Sensei
(À Venir)

Anecdote de Shintani Sensei (par Roger St-Arneault)
Pour défendre sa vie
Shintani Sensei a dût à plusieurs reprises, défendre sa vie contre des assaillants, la plupart du temps quand il était dans le camps de concentration japonais en Colombie-Britannique. Il m’a raconté une fois qu’il revenait du marché avec son frère, les bras chargés de sacs de provisions. Des personnes faisant parties d’une bande (environ dix voyous) sont partis à leur poursuite, pour des questions raciales, pour leur faire un mauvais parti. Ils ont donc laissés tomber leurs paquets et ont essayés de se sauver. En chemin ils ont trouvés des morceaux de charbon qu’ils ont ramassés et cachés dans le creux de leurs mains. Ils se sont fait rattraper par les voyous et ont dût se défendre. Ils en ont blessé 3 sérieusement et ont fait prendre la fuite aux autres. Les 3 personnes blessées et leurs copains ont portés plaintes à la police, qui sont venu sur place. Ils ont ris des malfaiteurs, leurs prétextant, comment 2 petits japonais auraient pu agresser 10 jeunes hommes et en blesser 3 autres. Pour défendre sa vie, Shintani Sensei ne jouaient pas avec ça.
Une autre anecdote que me mentionna Shintani Sensei fût à propos d’un accident de voiture à Toronto ou Hamilton. Une voiture brûla un feu rouge et lui rentra dans le côté faisant chavirer son véhicule. Shintani Sensei fût gravement blessé, mais parvint à sortir de son véhicule. Trois jeunes hommes sortirent également de l’autre véhicule et en colère voulurent donner une raclée au vieil homme. Shintani Sensei a dût encore une fois se défendre et assommé ses assaillants. La police arriva sur place et maîtrisa Shintani Sensei qui supposément bougeait beaucoup. Cinq minutes plus tard, le vieil homme s’effondra et se retrouva à l’hôpital. Les trois jeunes hommes furent arrêtés pour assaut sur un vieillard. On a dût intervenir avec une chirurgie à la colonne vertébrale. Depuis ce temps Sensei avait une tige d’acier dans le dos et une autre dans le bras. C’est pourquoi on le voyait toujours par la suite opéré ses cliniques avec un très large bandage autour du bras. Il avait tellement une force mentale forte, que même avec la douleur il était capable de faire des techniques d’une force et d’une vitesse incroyable.

Une personne humble
Shintani Sensei n’était pas une personne attachée à l’argent. Tout l’argent qu’il avait, il la donnait en majorité aux personnes qui en avaient de besoin.
Shintani Sensei était venu à mon club de karaté pour donner une clinique de perfectionnement à mes élèves. Pour le remercier pour cette clinique, notre club de karaté lui avait payé son déplacement et tout remis l’argent qu’on avait ramassé des élèves. Comme je trouvais que ce n’était pas suffisant pour le trouble qu’on lui occasionnait pour ce déplacement, j’avais décidé que le club lui débourserait la majeure partie du dédommagement. Nous lui avons donné $500,00 en surplus du déplacement. Une semaine plus tard, Sensei me rappela pour me dire que les fonds bancaires de notre école étaient insuffisants. En fin du compte, ce n’était pas lui qui avait changé le chèque, il l’avait déjà donné à une autre personne qui en avait de besoin. Je lui ai donc refait cette fois-ci un mandat de poste pour être sûr qu’il n’ait pas d’autres inconvénients.
Une autre fois, une des amis de Sensei décéda laissant son épouse dans une situation critique pour une deuxième hypothèque sur la maison. Celle-ci n’avait aucun autre revenu et n’avait pas de quoi pour sauver sa maison. Alors Shintani Sensei alla chercher, je crois que c’est $10 000.00 et le donna à cette femme, en lui disant de payer son hypothèque et cela sans regret. Je lui ai demandé pourquoi il agissait ainsi, il m'a simplement répondu qu'il n'avait pas besoin de cet argent et que s'il ne le faisait pas il n'aurait pas été capable de se regarder dans le miroir.
À plusieurs occasions, Sensei Shintani agissait ainsi. C’est pourquoi Sensei vivait pauvrement. Il vivait dans une petite chambre, avec un lit, une petite télévision et une chaise, il n’avait pas de véhicule et pour se déplacer, il devait demander à quelqu’un de le reconduire.

Il savait se faire apprécier de ses élèves et amis.
Mon prénom est Roger et mes amis et collègues anglophones le prononcent la plupart du temps de la manière anglophone comme Rodger. Un jour que je discutais avec Sensei, je lui ai mentionné que mon nom n’était pas Rodger mais Roger comme Rojer. Alors toutes les années subséquentes de ma ceinture verte à, il y a quelque mois à peine avant sa mort, je pouvais toujours voir Sensei dire ses premiers mots, Heeelllo Rojer ! pour me faire plaisir et il savait que j’appréciais beaucoup ce geste.
Une autre fois, j’ai participé à un tournoi de karaté à Welland en Ontario. La plupart de tous les tournois que je fais sont à quelques dix ou onze heures de route et j’en fait de 12 à 15 par année. Alors cette fois, il y avait une grosse tempête de neige. Quand Sensei m’a vu arriver, il m’a simplement dit ; si Roger est là, tout le monde devrait venir aujourd’hui. À la fin du tournoi nous sommes repartis à la maison dans la tempête. Sensei était très inquiet de nous voir partir ainsi et le lendemain matin aux petites heures, Sensei m’appela au téléphone, comme un père pour son enfant pour savoir si j’étais bien arrivé. Dans les tournois, il m’interpellait souvent : Roger vient t’asseoir avec moi. Et la il me montrait des techniques qu’ils pouvaient voir dans le tournoi, des choses qui seraient succebtible de m’aider plus tard, ou bien carrément il me parlait de choses et d’autres, et il savait que je l’appréciais beaucoup.
Une autre fois, il est venu me voir pour me dire : je sais que ça fait longtemps que tu désire faire les championnats du monde et si tu désire toujours les faires, je vais faire en sorte que tu puisses y aller. Grâce à lui, j’ai participé avec l’équipe canadienne à mon premier championnat du monde au Japon en 1994.
C’est une personne qui aimait beaucoup parler avec ses amis. Il me tenait réveillé chez moi jusqu’à 4 ou 5 heures du matin, fumant une cigarette après l’autre, discutant soit de karaté, soit d’autres choses, soit pour m’enseigner des techniques dans mon salon, soit pour regarder la télé. Il dormait très peu et les cliniques de perfectionnements débutaient tôt le matin. Mais il fonctionnait comme si les 2 ou 3 heures de sommeils avaient été suffisantes. Quand il nous demandait quelques choses (Et il demandait très peu), il était donc difficile de refuser ses requêtes. Et quel homme.

Faveur dans une clinique de perfectionnement
Shintani Sensei est une personne qui demandait très peu, par contre, je lui en demandais beaucoup (faveur). Une d’entres-elles fût durant une clinique de perfectionnement donné pour mes jeunes élèves. Habituellement Sensei n’enseignait qu’au élèves adultes. En tout cas, c’est ce que je croyais. Je lui ai alors demandé ; Sensei, tout le temps, j’ai mentionné à mes élèves que vous étiez plus rapide que Bruce Lee, pouvez-vous leur faire une démonstration de la vitesse et la puissance des techniques que vous êtes capable de faire. Il a fait une démonstration incroyable cette fois là encore. Il était alors âgé de 72 ans et avait fait toute une prestation et avait épaté les jeunes yeux éblouis de mes élèves. Toute une prestation, oui, mais par la suite, Sensei était tellement vidé d’énergie que la clinique des adultes qui suivait à été plus relaxe pour qu’il puisse se reposer un peu.

3 fois Champion du monde
Dans les années 1950, Shintani Sensei a participé à plusieurs championnats du monde et en rapporta trois au Japon. C’est pour cette raison qu’Otsuka Sensei le remarqua. Quand je lui ai mentionné quel était l’adversaire le plus dur qu’il ait eu à affronter, il m’a répondu le nom d’un allemand qui avait une force de frappe très dure. Il l’a battu tout de même.

Questions spéciales
Souvent les élèves aimaient poser des questions à Sensei. Une des questions les plus cocasse que j’ai entendu ; "Demandes-lui s’il mange avec des baguettes ? ". Shintani Sensei ne parlait pas le français, mais il le comprenait. Il s’est donc mit à rire de bon coeur. Il était une personne qui aimait rire, mais un très mauvais conteur de plaisanterie, mais on les riait tout de même.

Cliniques très dures
Plusieurs années passées, quand Sensei cherchait à faire de moi un expert, il prenait le temps de m’enseigner environ une quinzaine de techniques durant que les autres élèves n’en faisait qu’une seule. Il était très dur durant l’enseignement de ses cours, que ce soit sur l’intensité, soit des techniques. Constamment il me choisissait pour démontrer ses techniques, car il aimait la manière dure des techniques que j’exécutais. Les élèves quelques fois critiquaient le temps de la clinique qu’il passait avec moi, car visiblement, il passait beaucoup plus de temps avec moi, qu’avec les autres, il leurs mentionnait simplement qu’en m’enseignant plus de techniques, les élèves auraient plus de chances de les apprendre. La vérité est, que Sensei aimait voir des techniques dures et il était capable de se voir à l’intérieur. Je l’aidais simplement à se percevoir à travers moi, qu’il me mentionnait.

Il préférait le kumite au kata
Sensei m’enseignait toujours les katas en me disant constamment qu’on devait vivre un kata, de visionner l’adversaire et que les techniques de celles-ci devaient être réalisables et efficaces dans un combat réel pour qu’elles soient acceptables. Hors lors du " All Black Belt Tournament 1998 " à Fort Erie, Sensei me fit une confidence qui me glaça le sang : " Je n’aime pas faire les katas et je n’ai jamais aimé ça. J’ai toujours préféré les techniques et les combats (Kumite) ". Roger : " Mais Sensei, vous m’aviez tout le temps dit que je devais vivre un kata et vous l’exprimiez si bien que tout le monde croyait que vous aimiez faire les katas ". Sensei : " En fait, comme au karaté on doit faire des katas autant bien les faire  et mon rang au karaté me l’exige". Mais vous auriez du voir Sensei exécuter un kata, on aurait jamais cru qu’il n’aimait pas faire un kata.

Lanceur professionnel au baseball
Très jeune Shintani Sensei devint soutient de famille. Il exerça donc plusieurs métiers dont un lanceur professionnel au baseball. Comme il était japonais et que le temps de la guerre n’était pas révolu, celui-ci pour être capable d’exercer son métier, s’est fait passer pour un Chinois. Mais dans l’équipe, il s’est fait démasquer par un réel chinois, car après un match, Sensei était en train de e laver le visage et de la manière qu’il le faisait le réel Chinois à pu voir le stratagème. Un Chinois se lave le visage dans un vas et vient de gauche à droite, hors Sensei se lavait le visage dans un vas et vient du haut en bas. Le Chinois est venu le retrouver pour lui mentionné ce détail, mais ne le dénonça jamais.